Analyses et points de vue sur la problématique des nuisances aériennes à Bruxelles et en périphérie
 
 
 

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Nuisances aéroportuaires

Réflexion d’un citoyen entré en politique

Les arguments généralement présentés pour dénoncer les nuisances liées à une activité aéroportuaire excessive sont nous semble-t-il, trop souvent incomplets, particulièrement en ce qui concerne l’objectivation de leur impact médical. Il en résulte donc une sous évaluation  quantitative et qualitative des pathologies physiques et psychiques induites, avec inévitablement une sous estimation des dépenses engendrées dans le secteur des soins de santé.

Les nombreuses études réalisées de par le monde par des scientifiques de renom, témoignent de l’existence de trois sources susceptibles d’affecter négativement notre santé : les pollutions acoustique et chimique d’une part, les accidents d’autres part.

L’excès de bruit est incontestablement la nuisance la plus médiatisée et donc aussi la mieux admise par tous, même si subjectivement beaucoup déclarent en subir la gêne sans affirmer en souffrir. Si les enfants, les personnes âgées, les malades, les handicapés sont plus vulnérables en raison d’un besoin évident de plus de sommeil réparateur, une vie stressante peut insidieusement faire basculer ceux qui se croyaient invulnérables. Une fois le seuil atteint, les difficultés s’enchaînent : troubles du sommeil, somnolence, réduction des performances scolaires ou professionnelles, mal être persistant, angoisse, dépression, hypertension, infarctus, excès de médications ou alcoolisme et parfois même  décès prématuré; le tout accompagné de conséquences économiques négatives bien connues : absences au travail, traitements médicaux chroniques et hospitalisations.

La pollution chimique plus sournoise est moins médiatisée, mais tout aussi inquiétante pour la santé, au vu des tonnes de polluants rejetés annuellement. On notera ici  non seulement des indispositions aux mauvaises odeurs, pour lesquelles le seuil de sensibilité individuel est difficile à préciser, mais aussi une série d’affections respiratoires et cardiovasculaires aiguës ou chroniques, aux conséquences économiques et vitales tout aussi inquiétantes.

Restent les accidents pour lesquels la prévention efficace réduit certes le risque, mais dont les conséquences en termes de décès, d’invalidité et de troubles psychologiques durables sont toujours importantes.

Des actions positives pour limiter l’impact sanitaire lié aux trois sources présentées ci-dessus existent ; encore faut-il faire les meilleurs choix en toute objectivité et surtout vouloir les mettre en œuvre. La suppression programmée des vols de nuit, avec en journée une répartition équitable des décollages et des atterrissages, associées à une réduction quantitative des émissions polluantes peuvent mener à un compromis acceptable. La translocation de l’activité aéroportuaire vers des zones moins peuplées est seule susceptible d’atténuer l’impact des accidents et de réduire drastiquement les effets négatifs des deux autres sources. Il faut dénoncer énergiquement, le caractère totalement irresponsable d’une répartition purement géographique des nuisances, laquelle ne tient aucun compte de la densité de l’habitat et qui de plus, néglige l’effet cumulé avec d’autres sources de pollutions acoustiques ou chimiques.

Le monde politique si prompt à intervenir dans les crises de vaches folles et autre dioxine, témoigne ici d’un comportement étonnamment antagoniste, récupération par le discours d’une part et laxisme dans l’action d’autre part. La sous évaluation des conséquences, couplée à l’absence de précaution est inadmissible et serait d’autant plus condamnables qu’entrerait en ligne de compte le caractère de limitation de l’impact « aux seuls riverains » ou que prévaudrait un intérêt économique en  balance négative.

Dr André AMAND