Analyses et points de vue sur la problématique des nuisances aériennes à Bruxelles et en périphérie
 
 
 

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Interview de Didier Gosuin

Comme bourgmestre d'Auderghem et ancien Ministre bruxellois de l'Environnement, Didier Gosuin critique vertement le principe de dispersion « tout azimuts », selon lui « un non-sens », indiquant qu’il faut chercher ailleurs que dans la pratique actuelle une formule de « répartition équitable » qui demandera un important effort d'objectivation.

Par rapport au risque de régionalisation de l’aéroport fédéral, conséquence historique probable en cas d’avancée franche du confédéralisme, le poids lourd du FDF fait le constat d’un danger potentiel pour les habitants des communes à facilités de la « Zone F » à Kraainem et Wezembeek-Oppem, minorité exposée aux risques de la sous-représentation démocratique. Il confirme qu’ils ont subi l’application d’un critère de densité de population francophone dans la mise en œuvre du plan Anciaux.

Pour Didier Gosuin, la consolidation juridique de la réglementation bruxelloise en matière de normes de bruit qui porte son nom n’est pas à percevoir comme une action menée « contre » la Flandre ou les riverains du noordrand. Au contraire, pour prendre tout son sens, elle doit être le synonyme de la disparition de vols de nuit « qui n’ont pas leur place dans un aéroport urbain » mais « ailleurs dans l’espace belge ». De même, il répond à Yves Leterme qu’il « rêve debout » s’il projette d'augmenter fortement les vols de jours dans le cadre du plan START.

Didier Gosuin en appelle au sens des responsabilités d’un prochain Ministre de la Mobilité, peu importe son appartenance linguistique, qui « saura mettre au placard les rêves des investissements fous qui ont pu exister » et réduire drastiquement le trafic aérien au départ et à l'arrivée de l'aéroport fédéral. A l’inverse de l’idée de les corriger à la baisse, l’ancien Ministre de l’Environnement bruxellois suggère que les normes bruxelloises deviennent celles en vigueur dans tout le pays. Selon lui, c’est à l’Etat de tirer les conséquences du choix initial erroné de développer cet aéroport, pas à la population riveraine.

Cette prise de position très ferme exprimée au nom du MR entre en proche résonance avec celle du cdH (>>> cfr. Rubrique "Actualité" >>>), contribuant à faire évoluer de manière significative le dossier de l'aéroport fédéral. Dans la suite logique de ces deux déclarations auxquelles d'autres convergeront peut-être, les prochaines négociations gouvernementales devraient être le théâtre d'un rapport de force politique reconfiguré où la croissance exponentielle du trafic aéroportuaire à Zaventem n'apparaît plus comme une fatalité.

La rédaction de Mille Décibels, qui avait souligné encore récemment le caractère indispensable d'une telle prise de conscience du politique (>>> cfr. "Bonne Gouvernance démocratique : L'espérance d'une nécessité" >>>), tient à saluer cette évolution positive pour l'ensemble de la population.

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Interview exclusive de Guy Haarscher

Le Professeur Guy Haarsher est un spécialiste de la philosophie du droit de renommée internationale. Il est aussi un des intellectuels belges les plus écoutés dans les débats politiques qui touchent aux Droits de l’homme et à l’éthique en général. Pour la seconde fois, il a accordé une interview à la revue Mille Décibels. Sa réflexion au sujet du dossier des nuisances aériennes de l’aéroport situé à Zaventem lui fait porter un jugement sévère sur les motivations nationalistes qui habitent certains politiques du nord du pays. Mais aussi à l’encontre des responsables politiques francophones qui restent à côté ou en deçà de leurs responsabilités morales. Pour Guy Haarscher, l’apparition d’une souffrance « politique » autour de l’aéroport, une souffrance instrumentalisée à des fins de communautarisme, est un fait lourd de signification. Le caractère social du principe de dispersion ne lui apparaît pas dès lors que le droit au standstill ne s’y trouve pas intégré. Désapprouvant le projet d’une loi de procédure qui retire à certains citoyens le droit de se défendre, à fortiori dans un tel contexte, il s’attend à ce qu’un processus de cristallisation fasse évoluer encore ce débat vers une prise de conscience de ses enjeux profonds pour l’ensemble du pays. Sans douter que son issue sera révélatrice de ce que sera demain la Belgique.

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Interview exclusive d'Elio Di Rupo

Définitivement, le dossier des nuisances aériennes de l’aéroport de Bruxelles-National s’inscrit au cœur du débat politique belge. Le Président du PS et Ministre-Président de la région wallonne a répondu aux questions de Mille Décibels et son message est sans ambiguïté : le PS « refusera de céder à toute pression qui conduirait à bétonner la situation inacceptable qui prévaut actuellement ». Pour Elio Di Rupo, aucune solution durable n’existera sans que soit pris le critère de densité de population. Investir dans des mesures d’isolation acoustique et des expropriations est une nécessité rationnelle qu’il serait vain de vouloir contourner. Il apporte son plein soutien aux propositions formulées par la Région bruxelloise, en soulignant l’intérêt d’un retour à une situation similaire à celle de 1999, d’une extension de la nuit aéroportuaire à 7h du matin et d’une modification des composantes de vent qui permettra de réduire l’utilisation excessive de la piste 02. En réponse à ceux qui voudraient porter l’accusation d’égoïsme envers les bruxellois qui refusent le plan Anciaux, la réponse du leader des socialistes francophones est cinglante : « Ce sont ceux qui refusent obstinément de prendre en compte les nuisances dont souffrent des milliers d’habitants de Bruxelles et de la périphérie qui sont égoïstes. » C’est la position de blocage entretenue par Yves Leterme qui est, selon lui, de nature augmenter le risque d’une légitime mise en œuvre des astreintes dues pour les infractions aux normes de bruit bruxelloises.

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Interview exclusive de Benoît Cerexhe (2)

Le Ministre de l’Economie Benoît Cerexhe est en quelque sorte le second personnage en importance au sein du gouvernement de la Région bruxelloise. Il nous confirme sa détermination à tenir une position forte dans le cadre des pourparlers entre régions et fédéral qui doivent mener à un redéfinition de la stratégie de gestion des nuisances aériennes de l’aéroport de Bruxelles-National. Lors de la crise DHL, Benoît Cerexhe avait déjà tenu la position du cdH avec la plus grande fermeté. Il en sera de même au moment où tout se joue pour l’habitabilité future de Bruxelles et de l’oostrand. Mais d’abord, Benoît Cerexhe accuse. Il accuse certains politiques au nord du pays de prendre le risque du pire pour l’aéroport en refusant la main tendue par Bruxelles à la Région flamande. Il explique et démontre que la proposition bruxelloise d’un retour à la situation de 1999 est un acte de pacification. Il ne pourra s’agir que d’une solution provisoire car ni la Flandre ni Bruxelles ne peuvent se satisfaire sur le long terme de cette option. Pour le Ministre, le retour à 1999 impose effort et bonne volonté à toutes les parties en restaurant un climat de sérénité propice à une réflexion menée en commun, sur un pied d’égalité avec la Flandre et le fédéral. Hors de cette logique de paix, qui doit nous donner le temps de choisir de concert une stratégie censée pour le devenir l’aéroport, la figure de proue du cdH à Bruxelles montre qu’il n’y a que l’égarement et la crise. S’agissant de la santé des gens tout autant que de la santé économique de la zone aéroportuaire, les vieux réflexes identitaires n’ont pas de place dans ce débat aussi complexe que sensible. Benoît Cerexhe fait profession de foi en annonçant que l'époque où certains croyaient pouvoir parler de Bruxelles comme d'une sous région est définitivement révolue. Dans un rappel de l’historicité des faits, Benoît Cerexhe exprime sa très vive déception au sujet du MR et du FDF. La mise en évidence de leur faute vis-à-vis des bruxellois sera sans nul doute un axe central de la campagne électorale pour les élections communales et fédérales. En humaniste convaincu, se posant en défenseur de la démocratie, le Ministre Cerexhe promet et s’engage. En conscience, le sacrifice du droit au sommeil à des exigences économiques, et encore moins à des expressions partisanes faussement légitimées, ne pourront jamais être admises par le cdH. Le principe de dispersion des vols de nuit, sans mesures de corrections proportionnées, a montré ses travers et s’est heurté à l’impossibilité juridique. Refuser d’écouter les citoyens, refuser d’écouter les juges ; voilà ce que le gouvernement fédéral ne peut pas.

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Interview exclusive d'Isabelle Durant

Isabelle Durant, Secrétaire Fédérale d’Ecolo et Sénatrice, prend fermement position pour condamner la « calamiteuse » politique gouvernementale dans la gestion du dossier des nuisances aériennes. Le projet de loi rédigé par Renaat landuyt est qualifié de « torchon gouvernemental » et elle invite la Région bruxelloise à user pleinement de sa capacité de négocier sur base de la reconnaissance en justice de ses prérogatives légitimes. Elle porte ses critiques les plus sévères sur le rôle joué par le parti SPA-Spirit, aujourd’hui comme hier, dans tout ce qui touche à la Mobilité autour de l’aéroport. Au-delà de la question du bruit des avions et de l’habitabilité, elle montre que le dossier des transports a été le moyen d’une véritable entreprise de captation du potentiel économique de la Région bruxelloise. Pour celle qui fut Ministre de la Mobilité entre 1999 et 2003, la malgouvernance caractérise de manière globale le dossier et la coupable attitude de complaisance passive des partenaires MR et PS du gouvernement fédéral leur fait endosser la responsabilité des fautes commises, tout autant que leurs auteurs directs. Celle qui fut la cible d’une certaine vindicte au sein de l’opinion flamande s’affiche pourtant comme étant du côté des citoyens, quels que soient leur langue, leur culture et surtout leur lieu d’habitation. Derrière les caricatures que certains ont voulu faire et surcharger, on aperçoit un réel souci de respect réciproque qui, selon elle, ne peut être rendu possible que par une totale objectivité. Ainsi explique-t-elle que seule la concentration des vols de nuit lui a paru être une nécessité, sans exclure que les vols de jours puissent être étalés en fonction de critères rationnels. Sans se faire d’illusions démesurées au stade où en sont les choses, elle en appelle à réfléchir à la création de structures de dialogue et de concertation entre la Région Bruxelloise et de la Région flamande. Le renfermement de Bruxelles sur elle-même ne pouvant aboutir qu’à une impasse, Isabelle Durant pense qu’un progrès vers plus de confédéralisme, même si elle le regrette à titre personnel, permettra de progresser dans la reconnaissance réciproque des identités autonomes de Bruxelles et de la Flandre.

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Interview exclusive de Denis Grimberghs

Le Chef du Groupe cdH au Parlement régional bruxellois prend fermement position contre un principe de dispersion qui vise de manière absurde à augmenter le nombre de victimes des nuisances sonores. Il dénonce la déresponsabilisation de la BIAC et des compagnies aériennes qui ne sont plus tenues de respecter des engagements financiers qui avaient pourtant été pris en faveur des riverains. Il explique que ces engagements, qui devaient répondre au droit à l’indemnisation des habitants sous forme de mesures d’expropriation ou d’isolation, ont été rendus artificiellement impossibles par l’abandon de nécessaires mesures de concentration des nuisances. Il recuse dès lors le principe d’une « loi de dispersion » spéciale qui serait la traduction d’un accord politique là où les considérations devraient rester purement techniques. Denis Grimberghs affirme que la Région de Bruxelles Capitale doit exiger l’application de mesures correctrices au sol, car c’est la seule manière de conduire ce dossier vers la stabilité juridique. En tant qu’élu de l’opposition communale à Schaerbeek, il démontre que le transfert de nuisances aériennes au-dessus de Bruxelles procède d’une logique économique qui tend à faire de Bruxelles une simple vitrine du Brabant flamand, au mépris de la population bruxelloise. Selon, lui, la Région Bruxelloise n’était en rien redevable vis-à-vis de la Flandre en ce qui concerne la charge des nuisances aéroportuaires et le principe de répartir les nuisances ne se justifiait pas. Pour défendre les intérêts vitaux de la Région bruxelloise, il demande que la réglementation sur le bruit soit appliquée avec la plus grande sévérité, quitte à bloquer au sol sur le tarmac de Zaventem les avions appartenant à des compagnies qui n’honorent pas leurs amendes. Quant à l’existence d’une « Zone F » discriminatoire des francophones, si des documents devaient clairement l’établir, Denis Grimberghs déclare au nom du cdH que toutes les décisions posées par Bert Anciaux devraient alors être de facto considérées comme caduques.

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Interview exclusive d’Olivier Maingain

Le Président du FDF nous livre son analyse de la situation historique et en devenir de l’aéroport de Bruxelles-National à Zaventem. Il veut contribuer à la réflexion en plaidant pour une suppression des activités aéroportuaires nocturnes, incompatibles avec les nécessités du grand centre urbain formé par Bruxelles et sa périphérie. Selon lui, la logique de la dispersion ne rencontre pas efficacement les besoins des habitants francophones et flamands qui sont victimes du Plan Anciaux. Elle lui apparaît plutôt être un outil pour créer de l’antagonisme dans les mains de ceux qui veulent nier la capacité de Bruxelles à assumer son destin par elle-même. Il attribue cette intention notamment à Bert Anciaux et dénonce la volonté de celui-ci d’utiliser la démagogie pour inciter aux pires conflits … jusqu’à vouloir organiser l’exode d’une classe moyenne qui habite à l’est de Bruxelles. Olivier Maingain témoigne pourtant d’une autre certitude : ce sont les vrais démocrates de Flandre qui un jour prochain trouveront les solutions aux problèmes créées par un nationalisme flamingant qui, en s’enlisant dans un rejet de l’autre sans plus le justifier, a perdu beaucoup de sa légitimité historique. Celui qui est aussi le Vice-Président du MR fait le reproche à l’ancienne direction de son parti de ne pas avoir respecté la déclaration gouvernementale en laissant le Plan Anciaux s’appliquer sans un vrai cadastre de bruit préalable. Il en appelle dès lors à corriger les erreurs du passé. Il fait au passage une charge contre le rôle de conseil de Belgocontrol, qu’il juge peu satisfaisant en matière de sécurité, en rappelant qu’il s’agit d’un organisme dépendant du Ministre de la Mobilité.

Interview exclusive de Francis Delpérée

Pour surmonter les divergences existantes entre les Régions concernées par le dossier des nuisances aériennes de l’aéroport de Zaventem, il apparaît à beaucoup nécessaire de faire évoluer le modèle de coopération existant. L’idée de la création d’une « Communauté urbaine » réapparaît dans le débat au sein du Parlement bruxellois. Le Sénateur cdH Francis Delpérée y siège également en tant que Député régional et il propose de faire progresser la réflexion au départ d’une page tout à fait blanche. Il s’agit dans un premier temps d’étudier la question avec sérieux et sans a priori, pour mieux se diriger ensuite vers une solution peut-être originale qui tiendrait compte des spécificités de notre pays. Une « Communauté urbaine de Bruxelles », qui rapprocherait la Région de Bruxelles avec les communes de sa grande périphérie en Brabant flamand, mais aussi en Brabant wallon, serait un lieu de concertation pour une gestion mieux harmonisée des politiques économiques et environnementales. Le but partagé par tous, sans pour autant réduire les capacités d'auto-détermination de chacun, serait de permettre une bien meilleure valorisation de l’énorme potentiel que donne à Bruxelles le statut de Capitale de l’Europe. Francis Delpérée prend toutefois la mesure des obstacles qui parsèment ce chemin, spécialement celui que constitue l’actuelle politique de dispersions des nuisances sonores. Sans surprise, le contexte de tension que suscite la volonté flamande de scinder l’arrondissement de BHV figure en bonne place parmi les difficultés. Cette éminence du droit constitutionnel fait donc preuve de circonspection … mais sans pour autant nier l’intérêt d’une éventuelle totale redistribution des cartes pour ce qui touche à l’ensemble des difficultés auxquelles sont exposés, et même surexposés, les habitants de Bruxelles et de sa périphérie. En tout état de cause, il avance deux maîtres mots : cohérence et respect.

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Interview orale de Didier Reynders (2)

Didier Reynders a accepté de développer sa pensée au sujet de la problématique des nuisances aériennes. Il se montre déterminé à sortir des schémas simplificateurs qui ont grevé ce dossier et sa prise de position devrait permettre de clarifier la position du gouvernement fédéral. Rappelant son expérience à la tête de la Régie des Voies Aériennes, Didier Reynders met le poids de sa crédibilité pour confirmer le caractère « abusif » de l’utilisation renforcée de la piste 02. Pour s’engager hors de l’impasse, il martèle qu’il est indispensable de reconnaître que la vocation de la piste 02/20 est de rester une « piste de sécurité ». Il fait la démonstration que ni la concentration totale, ni la dispersion « tout azimuth » ne sont des options concevables. Il présente comme une évidence la nécessité et le devoir d’investir dans des mesures correctrices, telle que l’isolation acoustique, dans plusieurs zones qui devront être identifiées au moyen d’un cadastre du bruit complet. Utiliser autant que possible les opportunités qu’offrent certaines zones moins peuplées lui paraît essentiel. En tant que Vice-Premier et Président du MR, il fait en conséquence la promesse d’une profonde et complète refonte de l’actuel schéma de dispersion. Il parle de « concentration sur plusieurs axes » ou de « dispersion limitée ». Ses propos nous indiquent qu’après le Plan de dispersion, après le Plan Anciaux, après l’Accord de dispersion (c'est-à-dire gérer le bruit en fonction d’un rapport de force politique contextuel), c’est la notion de Plan de rationalisation des nuisances de l’aéroport de Zaventem qu’il faudra intégrer si l’on veut - en vérité - conduire le devenir de l’aéroport vers le développement.

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Interview écrite de Didier Reynders (1)

Le Vice-Premier Ministre et Président du MR a voulu poser les balises qui rendront possible un accord du gouvernement sur une redéfinition du plan de dispersion des nuisances de l'aéroport de Zaventem. Il rappelle que la prise en compte du critère de densité de population est prescrite dans la déclaration gouvernementale. Au sujet de l'avenir économique de l'aéroport, il envisage le risque de futurs rejets de projets importants aussi longtemps qu'un climat de confiance n'aura pas été restauré au sein de la population. Et il désigne le responsable: l'ancien Ministre de la Mobilité Bert Anciaux dont les "initiatives intempestives" ont nuit à la crédibilité de l'aéroport de Bruxelles-National. Mais avant tout, pour Didier Reynders, " le Ministre de la Mobilité du Gouvernement fédéral doit impérativement apporter les corrections nécessaires au plan Anciaux pour soulager les riverains situés sous la piste 02 ". Il considère que la décision du tribunal de première instance qui ordonne le retour aux anciennes normes d'utilisation de cette piste doit nécessairement être prise en considération. Pour le Vice-Premier, cette piste 02 qui concentre - par définition - les atterrissages sur une zone densément peuplée représente le noeud du problème. Et il ajoute que les autres pistes d'atterrissage n'imposent pas une contrainte similaire.

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Interview exclusive de Renaat Landuyt

Le Ministre fédéral de la Mobilité a souhaité s'adresser aux lecteurs de Mille Décibels afin d'expliquer sa vision politique dans le cadre du dossier des nuisances sonores de l'aéroport de Zaventem. Ses propos permettront à chacun de se bâtir sa propre opinion quant aux motifs et aux méthodes du responsable de la mise en application du principe de dispersion. Notre revue ne manquera pas d'informer ses lecteurs sur les réactions politiques que cette interview pourra susciter.

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Interview exclusive de Charles Picqué

Le Ministre Président de la Région bruxelloise nous explique pourquoi le dossier des nuisances de l'aéroport de Zaventem est devenu aussi important dans le débat politique belge. En donnant une véritable hauteur à ses raisonnements, il révèle l'existence d'une volonté de négation de notre modèle institutionnel basé sur le fédéralisme de coopération. Les schémas irrationnels et vexatoires, qu'il décrit comme pléthoriques dans ce dossier, sont autant de manifestations d'une froide logique de deconstruction que certains mènent en Flandre. Dans son analyse, la crise DHL nous a obligés à prendre acte - de manière peut-être définitive - de la faiblesse du niveau de pouvoir fédéral. Il déplore que le modèle confédéral en soit venu de facto à s'imposer, mais ce sont pour lui les Régions qui devront désormais négocier de façon autonome lorsque des conflits d'intérêts les opposent. Dans sa vision, à l'évidence celle d'un homme d'état, le destin de Bruxelles est d'être une ville internationale, ce que la dégradation de son habitabilité pourrait remettre en cause. Il récuse le principe d'une mise en concurrence antagonique entre Régions, laquelle serait synonyme de contre-productivité pour tous. En écho à l'analyse du Professeur Guy Haarscher (voir notre rubrique "interview), Charles Picqué plaide pour que prévale à l'avenir une toute autre attitude intellectuelle dans la gestion du dossier des nuisances sonores de l'aéroport : "Il y a trois principes tout à fait fondamentaux à respecter qui sont la rationalité, l’objectivation et la transparence. En ce qui concerne le Plan Anciaux, aucun de ces trois critères n’a été respecté."

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Interview exclusive d'Evelyne Huytebroeck

La Ministre Ecolo de l'Environnement et de l'Energie de la Région bruxelloise, au moment où il est question de rédéfinir le Plan de dispersion, espère beaucoup pouvoir évoluer hors d'un contexte qui fut passionnel. Soucieuse de conduire ce dossier vers l'apaisement, elle prend tout simplement le parti de la rationnalité et attend des signes de bonnes volonté de la part du partenaire fédéral. Elle rappelle que le gouvernement fédéral est responsable de la mise en place du Plan de dispersion et qu'il serait normal qu'il procède immédiatement aux adaptations les plus urgentes, là où la souffrance de la population est manifeste, en attendant un vrai cadastre du bruit qui nécessite du temps. Pour faire prendre de la hauteur à la réflexion, elle explique que les normes de bruit fixées par la Région bruxelloise sont à comparer à celles pratiquées dans d'autres pays quand il s'agit du survol des grandes villes. Cet exercice qui permet de s'échapper d'une vision communautariste étroite rétablit une évidence: les normes bruxelloises apparaissent équivalentes, voire moins sévères, dans un cadre comparatif européen. Et partout ailleurs ces normes sont différentes lorsqu'il s'agit du survol de zones moins peuplées. Dans sa réflexion, le critère de densité de population occupe une position de pivot. Au nom de l'éthique, de la sécurité, de la raison, du droit.

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Prise de position de Joëlle Milquet au sujet du principe de dispersion

La Présidente du cdH, lors d'un forum organisé le 2 décembre 2004 à Woluwé-Saint-Lambert sur le thème des nuisances aériennes de l'aéroport de Zaventem, a exposé une analyse critique du principe de dispersion. Ses propos, renforcés par ceux de Roberto Parillo, responsable de la CSC pour le transport aérien, sont allés dans le sens d'un retour à un principe de concentration sur une zone réduite et moins peuplée, avec mesures d'expropriation et d'isolation acoustique des habitations. Devant les quelques centaines de personnes qui étaient venues l'écouter, Joëlle Milquet a voulu clarifer, en quelque mots dénués d'équivoque, le point de vue de sa formation politique au sujet du principe de dispersion. La position de fermeté du cdH vient en appui des déclarations du Ministre Benoit Cerexhe contenues dans l'interview qu'il vient d'accorder à notre revue. C'est aussi un engagment politique qui, à terme, pourrait influer considérablement sur l'issue du dossier.

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Interview exclusive de Benoit Cerexhe (1)

Le Ministre de l'économie de la Région bruxelloise a joué un rôle clé au moment de la crise DHL, faisant preuve d'une fermeté qui a été déterminante dans l'évolution des négociations. Son attitude reste totalement inchangée, guidée par les même principes, à présent qu'il est question de négocier un accord politique qui pourrait conduire à une rédéfinition du Plan Anciaux. Pour avancer dans cette direction, il pose d'emblée un certain nombre de balises. Mais son analyse, qui est aussi celle du cdH, le laisse sceptique quant à la stratégie de dispersion des nuisances. Il reparle de concentration des vols sur des zones peu peuplées afin de rendre possible des mesures d'isolation ou d'expropriation. En tout état de cause, selon lui, il est évident que le cdH ne pourrait, le cas échéant, monter au fédéral sans remettre radicalement en cause le Plan Anciaux.

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Interview exclusive de Guy Haarscher

Le Professeur Guy Haarscher dirige le Centre de Philosophie du Droit de l'Université Libre de Bruxelles. Il est aussi une des principales figures intellectuelles et morales de notre pays. Avec une totale clarté d'esprit, il nous livre plusieurs de ses analyses qui sont de nature à donner un nouvel influx, peut-être déterminant, au débat suscité par la mise en place du plan de dispersion de l'ancien Ministre Anciaux. Ainsi, il dénonce la conception de la solidarité contenue dans l'exigence de répartition des nuisances entre régions comme contraire aux Droits de l'Homme. Il explique que le critère de densité de population est une nécessité tout à fait essentielle parce qu'elle préserve la notion d’égalité des individus. Il avertit que les habitants de Bruxelles et de l'oostrand qui verraient la dégradation de leur cadre de vie se confirmer seront fondés en droit d'exiger des compensations proportionnelles à leur perte. Au sujet des emplois perdus pour des raisons politiques et non économiques, il évoque un impératif moral de faire profiter de mesures d'accompagnement plus importantes aux employés de DHL.

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Interview exclusive de Daniel Cohn-Bendit

Le leader écologiste du parti des Verts européen nous fait part de son point de vue sur la problématique des nuisances aériennes de l'aéroport de la Capitale de l'Europe, sur la crise DHL, sur la difficulté de combiner développement durable et communautaire "à la belge". C'est la première fois qu'un avis sur les problèmes qui viennent de déchirer la Belgique nous vient d'une personnalité politique d'envergure internationale extérieure à notre pays. C'est aussi l'occasion de nous rappeler que des solutions restent possibles au niveau européen, avec des espérances concrètes de faire progresser le principe du "pollueur-payeur". Mais pour lui, davantage que c'est aujourd'hui le cas dans le débat belge, la pollution atmosphérique et la contribution à l'effet de serre doit entrer en considération.

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Interview exclusive de Geert van Istendael

Ancien journaliste vedette du journal parlé de la VRT, essayiste, poète, Geert van Istendael est un intellectuel flamand, bruxellois et belge tout à la fois. Il est l'auteur d'un ouvrage très remarqué, "Le labyrinthe belge" qui vient de sortir aux éditions du Castor Astral, dans lequel il montre sa connaissance très approfondie de notre petit pays rongé par les contradictions. Il nous fait profiter de sa capacité d'analyse de l'esprit flamand pour éclairer le dossier des nuisances aériennes. Avec des considérations éthiques dictées par un réel désir d'apaisement. Toujours dans une logique de rapprochement entre les communautés. Face à la logique centrifuge qui met en question l'unité de notre pays, il a coutume d'oppose une idée maîtresse: résister.

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Interview exclusive de Tony Vandeputte

Celui qui a été jusqu'il y a peu le Président de la Fédération des Entreprises de Belgique (FEB), nous avait apporté son point de vue pendant la situation de crise suscitée par les projets de développement de DHL. Après le dénouement qui a marqué la décision de délocaliser leur hub intercontinental, ses arguments à la fois économiques et éthiques restent tout à fait éclairants. Sacrifier la santé des habitants au nom de l'économie ne lui parait pas admissible. Il avance ainsi l'idée de venir au principe du "pollueur-payeur", mais sous la forme d'une taxation qui s'appliquerait aux clients de sociétés comme DHL qui sont pour lui les véritables responsables des nuisances. Même si le mieux reste d'adopter une solution qui permet d'empêcher l'apparition d'effets négatifs sur la santé des riverains. Et pour évoquer les tensions politiques, plutôt que de mettre en doute le modèle de coopération fédérale belge, il en appelle à plus de bonne volonté dans la façon d'utiliser les structures politiques en place.

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Interview exclusive de Jacques Simonet

Le chef de file du MR au niveau de la Région bruxelloise nous donne son opinion au sujet de la crise sucitée par DHL. En renfort de la position du cdH dans les négociations entre entités fédérale et fédérées, il condamne le principe du dépassement du plafond des 25.000 vols qui était fixé dans l'accord de gouvernement de la Région bruxelloise. Au passage, il adresse une critique marqué à Pierre Klees, Président de la BIAC. Jacques Simonet dénonce le caractère indadéquat du principe de dispersion du bruit dans la gestion des nuisances aériennes de l'aéroport de Zaventem et évoque le risque d'une crise institutionnelle grave dans notre pays, à cause du caractère communautaire de la gestion de ce dossier.

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Interview exclusive de Hendrik Vermeersch

Le secrétaire Setca Bruxelles Halle Vilvoorde (FGTB) qui a représenté les employés de DHL pendant les négociations gouvernementales nous livre une analyse particulièrement éclairante de la situation. Ses propos, venus de Flandre, sont totalement dénués d'esprit de communautarisme. Cet état d'esprit lui permet d'affirmer que le plan de dispersion Anciaux n'est absolument pas dicté par une volonté rationnelle, à la fois au détriment de l'emploi et de la population qui souffre des nuisances sonores.

Interview de Pascal Delwit, Politologue

Pascal Delwit est Professeur en science politique à l'Université libre de Bruxelles. Il est aussi Directeur du Centre d'étude de la vie politique. A ce titre, il est un des observateurs les plus attentifs des grands débats politiques dans notre pays. Au sujet de la gestion des nuisances aériennes à Zaventem, son analyse est on ne peut plus claire: ce dossier est communautarisé. Le rapport de force entre communautés linguisitiques a pris le pas sur les autres considérations. Pourtant, en matière de pollution, la tendance globale dans notre société et en Europe reste selon lui axée vers une plus grande prise en considération des risques encourus par la population.

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Interview exclusive de Rudy Demotte

Le Ministre Fédéral des Affaires Sociales et de la Santé Rudy Demotte nous donne son opinion sur le principe de dispersion des nuisances aériennes en ce qui concerne l'aéroport de Zaventem.  Dans l'inteview qu'il accorde à "Mille Décibels", de manière claire, cette personnalité politique qui compte parmi les plus importantes du PS se prononce en faveur d'un retour au principe de concentration. Interpellé par le contenu du Rapport du Professeur Annemans sur les effets des nuisances aériennes sur la santé des riverains, il dénonce le caractère inadéquat d'une politique qui impose le survol de zones fortement peuplées.

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Interview exclusive de Joëlle Milquet

Pour la Présidente du cdH, les choses sont claires: il ne peut être question de dépasser le plafond des 25.000 vols de nuit par an à Zaventem. Sans le respect de cette condition, le CDH ne participera pas au gouvernement de la Région Bruxelloise. Joëlle Milquet tient à exprimer son opposition la plus formelle à l'utilisation de la piste 02/20 en dehors de son statut de piste à usage occasionnel, dans le respect des normes de sécurité les plus strictes. Une redéfinition des règles de procédure des vols, établies en fonction du critère de la densité de population, est selon elle indispensable.

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Interview exclusive de Didier Gosuin

Le Ministre Gosuin joue carte sur table et dénonce les faux semblants. Il confirme que la dimension communautaire est devenue prépondérante dans ce dossier. Mais il critique aussi avec fermeté le rôle joué par la BIAC et le PS en affirmant qu’il ne se pliera pas face aux instances du MR qui pourraient vouloir lui imposer des décisions qui seraient néfastes aux bruxellois et aux habitants de la périphérie. Pour cette personnalité prépondérante du FDF, il ne peut être question de laisser DHL se développer à Zaventem. Il est également exclu de ne pas tenir compte des densités de population dans la répartition des vols. Il compte sur un cadastre de bruit honnête pour démontrer que c’est la seule issue raisonnable à ce dossier. Non sans craindre de voir la mauvaise foi l’emporter.

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Interview exclusive de Marie Nagy

La députée fédérale ECOLO nous fait part de son analyse sur les implications environnementale et politiques du plan de dispersion. Pour Marie Nagy, les solutions imposées par le Ministre Anciaux créent une situation inacceptable et tout à fait atypique en Europe. Elle ne manque pas d'aborder la dimension morale de la problématique.

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