Conviés dans les locaux du Parlement, plusieurs représentants d’associations accompagnés de riverains sont venus exprimer leur ras-le-bol face aux pratiques hors la loi d’Etienne Schouppe. Ils ne comprennent décidément pas comment il est possible qu’un membre du gouvernement fédéral puisse refuser d’appliquer de bonne foi des décisions de justice claires, comme celle qui impose de revenir à l’application des anciennes normes de vent. Ils ont dénoncé le quasi triplement des survols à l’atterrissage sur la piste 02 que les normes et méthodes actuelles occasionnent. Ceux-ci s’ajoutent aux décollages depuis les pistes 20 et 25R pour créer une situation de concentration insupportable. Pour leur répondre, les élus humanistes de l'Est de la Capitale, non moins mécontents, ont confirmé le bien fondé des arguments exposés par les riverains. Et ils annoncent un durcissement de l’attitude du cdH au gouvernement fédéral.
Deux échevins anti-Schouppe font bloc à Bruxelles-Est
Damien De Keyser et Olivier Joris, échevins à Woluwe-St-Pierre et à Crainhem La rencontre a été organisée dans les locaux du Parlement à l’initiative d’Olivier Joris, échevin humaniste à Crainhem, Vice-Président de l’UBCNA et combattant de la première heure dans le dossier des nuisances aériennes. Rejoint dans son combat par son homologue de Woluwe-Saint-Pierre, Damien De Keyser, les deux échevins cdH de Bruxelles-Est veulent additionner en symbiose la capacité d’expression démocratique de leurs deux communes voisines. C’est ainsi que deux motions ont pu être adoptées à l’unanimité par les conseils communaux de Crainhem et Woluwe-Saint-Pierre, en totale solidarité, pour demander au Premier Ministre de faire respecter l’Etat de droit dans la problématique des normes de vent (cfr notre précédent article à ce sujet >>>). Il est malheureusement à déplorer qu’Herman Van Rompuy n’ait, à ce jour, même pas consacré une demi minute pour répondre aux représentants unanimes des 50.000 habitants qui vivent dans ces deux communes, soit un demi pourcent de la population belge.
Comment contrer un Secrétaire d’Etat déloyal ?
Georges Dallemagne, Député fédéral Le Député wolusanpétrusien Georges Dallemagne se frotte constamment à Etienne Schouppe en Commission de l’Infrastructure à la Chambre sans obtenir d’autre résultat que de subir un déluge d’invectives et de brutalités. Du jamais vu, explique-t-il. Le Secrétaire d’Etat à la Mobilité ne craint pas de répondre aux questions parlementaires par de purs mensonges. II apparaît ainsi que le développement d’un terminal low cost à Zaventem est un projet activement soutenu par Etienne Schouppe en catimini. "Etienne Schouppe nous a caché la vérité", dénonce Georges Dallemagne. Et il y a pire. Un Arrêté royal a été préparé « en stoemeling » pour rendre possible ce projet qui devrait faire augmenter le trafic aérien de 30 à 40% à Zaventem, principalement au détriment de quartiers bruxellois et francophones. Etienne Schouppe aurait essayé de le faire passer en force en mentant sur le contenu de réunions préparatoires. Le cabinet de la Vice-Première Joëlle Milquet à heureusement pu bloquer cette tentative qu’il faut bien qualifier de malhonnête.
Un contexte toujours aussi délétère
Philippe Touwaide Conseiller de Joëlle Milquet De nombreux riverains ont dénoncé la multiplication des « overshoots » (approches d’atterrissages manquées) et le sentiment d’insécurité qu’ils suscitent. Ils y voient un motif de plus pour maximiser l’utilisation des pistes 25 dans le prolongement desquels se trouvent des zones non aedificandi. L’expert mandaté par le cdH pour mener les négociations inter cabinets, Philippe Touwaide, s’est indigné encore davantage en révélant un nouveau «gros problème». Il explique : «On s’est aperçu que des données ont été supprimées dans les relevés officiels des tracés radars pour cacher l’existence de plusieurs overshoots. C’est inadmissible.»
Etienne Schouppe joue les « hors la loi »
Pour répondre à la demande de respecter les décisions de justice et à d’appliquer les anciennes normes de vent qui n’ont posé aucun problème pendant 30 ans, ou plutôt pour ne pas répondre, Etienne Schouppe transforme les débats parlementaires en scène de western. Au lieu de répondre à ses arguments, Georges Dallemagne, stupéfait, a vu Etienne Schouppe « se lever et venir jusqu’à son banc parlementaire pour le menacer ». Avec toute la force de sa présence physique impressionnante, il tonne des contre-vérités, prétend imposer des diktats de façon autoritariste et profère des chantages au demeurant absurdes. Bref, du mauvais cinéma et un jeu d’influence en guise de débat démocratique. Dans les couloirs du Parlement, l'ambiance est à l'avenant. La situation a dégénéré au point, explique Georges Dallemagne, que cela devient pour lui nécessaire d’intervenir au Parlement « de façon encore plus incisive » que les parlementaires de l’opposition. Alors que le cdH est au gouvernement fédéral !
Rendez-vous est donné au Kern
Trop c’est trop. « On est en plein dans la mauvaise foi » et désormais « Il faut passer au-dessus de Schouppe », a déclaré Georges Dallemagne. Celui-ci annonce que Joëlle Milquet va prochainement porter le dossier des normes de vent au Kern. Car aucun accord ne pourra intervenir aussi longtemps que les normes de vent seront instrumentalisées pour maximiser artificiellement l’utilisation de la piste 02/20. Il s’agit d’obtenir l’arbitrage du Premier Ministre Herman Van Rompuy qui a personnellement la tutelle sur son adjoint Secrétaire d’Etat à la Mobilité. L’expert mandaté par le cdH pour mener les négociations inter cabinets, Philippe Touwaide, confirme que le dossier est fin prêt. Le Député Dallemagne a annoncé qu’il n’y a plus qu’une question d’agenda à régler pour que la Vice-Première et Présidente du cdH puisse intervenir personnellement. C'est précisément ce qu'attendent les associations de riverains. Une habitante du quartier Saint-Alix à Woluwe-Saint-Pierre a fort bien exprimé le sentiment général : « Le politique donne un signal désastreux aux citoyens. Là, Madame Milquet doit monter au créneau, comme elle l’a déjà fait avec beaucoup de courage, tout comme Benoît Cerexhe, pour contrer le développement de DHL. Ce n’est pas parce qu’elle est au gouvernement fédéral qu’elle ne doit pas agir pour contrer un abus manifeste contre le Droit ». En rappelant que des gens souffrent un véritable calvaire. Et en déplorant que si peu de dirigeants politiques aient pris la peine de venir voir sur place pour comprendre à quel point…
GVODY