Analyses et points de vue sur la problématique des nuisances aériennes à Bruxelles et en périphérie
 
 
 

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De qui les politiciens néerlandophones de Bruxelles
défendent-ils les intérêts ?


Dans le dossier des nuisances aériennes de Zaventem, il est courant de voir les mandataires politiques bruxellois néerlandophones reprendre, au Parlement bruxellois, des points de vue défendus par la Flandre. Aujourd’hui ils ne reculent même plus devant le risque de mettre le gouvernement dont ils font partie en danger, en agitant la menace de faire sauter la coalition au pouvoir, comme diverses excellences l’ont encore proclamée récemment. Le ministre Guy Vanhengel, la secrétaire d’État Brigitte Grouwels tout comme le ministre Pascal Smet n’ont pas craint de proférer des menaces à l’encontre de leur propre ministre-président Charles Picqué, au moment où celui-ci tente, avec la ministre de l’environnement Evelyne Huytebroeck, de conserver ou de rétablir des conditions de vie humaines pour les habitants survolés de la Région de Bruxelles.

Il faut condamner le manque de loyauté gouvernementale dont les représentants néerlandophones font preuve au sein du gouvernement bruxellois. Le ministre Landuyt avait d’inacceptables projets en tête, jusqu’à ce que la Cour d’appel de Bruxelles valide la légalité des normes de bruit de la Région et en impose l’application. Les juges ont précisé que les normes de bruit bruxelloises étaient légales parce qu’elles ne constituaient pas une menace pour la poursuite des activités de l’aéroport, étant donné que c’est moins de 10 % du trafic aérien qui serait contraint d’emprunter d’autres routes que celles qui traversent Bruxelles.

Les ministres Huytebroeck et Picqué ont déposé sur la table de négociation un projet constructif et équilibré, dans la ligne des négociations en cours, tandis que les négociateurs flamands déposaient, contre toute attente, une proposition surréaliste qui ne respectait pas la méthodologie définie par l’ensemble des partenaires. Manifestement il s’agissait là de demander une montagne en vue d’obtenir la colline qu’ils convoitent. Une attitude qui dissimulait peut-être même un agenda caché, en vue de provoquer une crise capable d’entraîner un changement de coalition au niveau du gouvernement fédéral. Pour empêcher que ce scénario aboutisse, le ministre Landuyt s’est pourvu en Cassation, contre la décision de la Cour d’appel en faveur de l’Arrêté bruit de Bruxelles, alors que les négociations sont toujours en cours et que les ministres Picqué et Huytebroeck se sont engagés à n’exiger aucune astreinte tant qu’elles ne sont pas terminées, même après la date du 15 octobre fixée par le tribunal.

Brussel Air Libre Bruxelles, et tout particulièrement collectif de ses membres néerlandophones, accuse les élus bruxellois néerlandophones de préférer être loyal à leur parti et à la Flandre, plutôt qu’au gouvernement bruxellois dont ils constituent la majorité, par pur opportunisme et nonobstant leur méconnaissance patente du dossier actuellement en négociation. Les membres néerlandophone du gouvernement bruxellois seraient mieux inspirés en s’informant correctement à propos des risques et des nuisances qu’occasionnent le survol intensif de notre agglomération densément peuplée et de comparer attentivement les propositions avancées par leur gouvernement et celles qu’avancent la Flandre et le ministre fédéral de la Mobilité.

Quelle hypocrisie et quelle trahison supplémentaires Bruxelles devra-t-elle encore se voir imposer ? Au-dessus de la zone résidentielle de l’agglomération de Louvain, il ne passe pas un avion par jour, et pas davantage la nuit (le centre de Louvain et le centre de Bruxelles se trouvent respectivement à 12 et à 10 Km des pistes de l’aéroport). Dans les communes flamandes de la périphérie de Bruxelles le dernier plan de dispersion précise que le centre des villages (dorpskernen) ne peuvent plus subir de survols. À Paris, il est interdit de survoler la ville à moins de 2.000 mètres d’altitude. Bruxelles n’en demande pas tant pour son agglomération densément peuplée et c’est encore trop.

L’attitude récente de nos élus bruxellois néerlandophones met le doigt sur l’inadmissible limitation de l’autonomie de la région bruxelloise, et pas seulement dans le dossier des nuisances aériennes. Il est apparu clairement que les envoyés de Flandre (ou de Wallonie) qui arrivent à Bruxelles et qui travaillent sous la hiérarchie d’un chef de parti qui défend les intérêts d’une autre région, ne sont pas en mesure de défendre les intérêts légitimes des Bruxellois qui les ont élus.

L’avenir de la Belgique fédérale serait aujourd'hui en question ?


Le collectif des membres néerlandophones de Bruxelles Air Libre Brussel

27/10/2005