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SPECIAL "AVENIR DE L'AEROPORT"
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Perspectives de l’aéroport de Bruxelles-Nord à Zaventem
L'éditorial de Gauthier van Outryve, Rédacteur en Chef de Mille Décibels, clôture notre série d'interviews consacrées à l'avenir de l'aéroport de Zaventem. C'est l'occasion d'une analyse synthétique faite sous l'éclairage des propos recueillis auprès des nombreuses personnalités qui se sont exprimées dans notre revue.
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Interview exclusive de Francis Delpérée
Pour surmonter les divergences existantes entre les Régions concernées par le dossier des nuisances aériennes de l’aéroport de Zaventem, il apparaît pour beaucoup nécessaire de faire évoluer le modèle de coopération existant. L’idée de la création d’une « Communauté urbaine » réapparaît dans le débat au sein du Parlement bruxellois. Le Sénateur cdH Francis Delpérée y siège également en tant que Député régional et il propose de faire progresser la réflexion au départ d’une page tout à fait blanche. Il s’agit dans un premier temps d’étudier la question avec sérieux et sans a priori, pour mieux se diriger ensuite vers une solution peut-être originale qui tiendrait compte des spécificités de notre pays. Une « Communauté urbaine de Bruxelles », qui rapprocherait la Région de Bruxelles avec les communes de sa grande périphérie en Brabant flamand, mais aussi en Brabant wallon, serait un lieu de concertation pour une gestion mieux harmonisée des politiques économiques et environnementales. Le but partagé par tous, sans pour autant réduire les capacités d'auto-détermination de chacun, serait de permettre une bien meilleure valorisation de l’énorme potentiel que donne à Bruxelles le statut de Capitale de l’Europe. Francis Delpérée prend toutefois la mesure des obstacles qui parsèment ce chemin, spécialement celui que constitue l’actuelle politique de dispersions des nuisances sonores. Le contexte de tension que suscite la volonté flamande de scinder l’arrondissement de BHV figure aussi en bonne place parmi les difficultés. En tout état de cause, il avance deux maîtres mots : cohérence et respect.
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Nouvelle interview exclusive de Didier Reynders
Didier Reynders a accepté de développer sa pensée au sujet de la problématique des nuisances aériennes. Il se montre déterminé à sortir des schémas simplificateurs qui ont grevé ce dossier et sa prise de position devrait permettre de clarifier la position du gouvernement fédéral. Rappelant son expérience à la tête de la Régie des Voies Aériennes, Didier Reynders met le poids de sa crédibilité pour confirmer le caractère « abusif » de l’utilisation renforcée de la piste 02. Pour s’engager hors de l’impasse, il martèle qu’il est indispensable de reconnaître que la vocation de la piste 02/20 est de rester une « piste de sécurité ». Il fait la démonstration que ni la concentration totale, ni la dispersion « tout azimuth » ne sont des options concevables. Il présente comme une évidence la nécessité et le devoir d’investir dans des mesures correctrices, telle que l’isolation acoustique, dans plusieurs zones qui devront être identifiées au moyen d’un cadastre du bruit complet. Utiliser autant que possible les opportunités qu’offrent certaines zones moins peuplées lui paraît essentiel. En tant que Vice-Premier et Président du MR, il fait en conséquence la promesse d’une profonde et complète refonte de l’actuel schéma de dispersion. Il parle de « concentration sur plusieurs axes » ou de « dispersion limitée ». Ses propos nous indiquent qu’après le Plan de dispersion, après le Plan Anciaux, après l’Accord de dispersion (c'est-à-dire gérer le bruit en fonction d’un rapport de force politique contextuel), c’est la notion de Plan de rationalisation des nuisances de l’aéroport de Zaventem qu’il faudra intégrer si l’on veut - en vérité - conduire le devenir de l’aéroport vers le développement.
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Prise de position de Joëlle Milquet au sujet du principe de dispersion
La Présidente du cdH, lors d'un forum organisé le 2 décembre 2004 à Woluwé-Saint-Lambert sur le thème des nuisances aériennes de l'aéroport de Zaventem, a exposé une analyse critique du principe de dispersion. Ses propos, renforcés par ceux de Roberto Parillo, responsable de la CSC pour le transport aérien, sont allés dans le sens d'un retour à un principe de concentration sur une zone réduite et moins peuplée, avec mesures d'expropriation et d'isolation acoustique des habitations. Devant les quelques centaines de personnes qui étaient venues l'écouter, Joëlle Milquet a voulu clarifer, en quelque mots dénués d'équivoque, le point de vue de sa formation politique au sujet du principe de dispersion. La position de fermeté du cdH vient en appui des déclarations du Ministre Benoit Cerexhe contenues dans l'interview qu'il vient d'accorder à notre revue. C'est aussi un engagment politique qui, à terme, pourrait influer considérablement sur l'issue du dossier.
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Interview exclusive de Charles Picqué
Le Ministre Président de la Région bruxelloise nous explique pourquoi le dossier des nuisances de l'aéroport de Zaventem est devenu aussi important dans le débat politique belge. En donnant une véritable hauteur à ses raisonnements, il révèle l'existence d'une volonté de négation de notre modèle institutionnel basé sur le fédéralisme de coopération. Les schémas irrationnels et vexatoires, qu'il décrit comme pléthoriques dans ce dossier, sont autant de manifestations d'une froide logique de deconstruction que certains mènent en Flandre. Dans son analyse, la crise DHL nous a obligés à prendre acte - de manière peut-être définitive - de la faiblesse du niveau de pouvoir fédéral. Il déplore que le modèle confédéral en soit venu de facto à s'imposer, mais ce sont pour lui les Régions qui devront désormais négocier de façon autonome lorsque des conflits d'intérêts les opposent. Dans sa vision, à l'évidence celle d'un homme d'état, le destin de Bruxelles est d'être une ville internationale, ce que la dégradation de son habitabilité pourrait remettre en cause. Il récuse le principe d'une mise en concurrence antagonique entre Régions, laquelle serait synonyme de contre-productivité pour tous. En écho à l'analyse du Professeur Guy Haarscher (voir notre rubrique "interview), Charles Picqué plaide pour que prévale à l'avenir une toute autre attitude intellectuelle dans la gestion du dossier des nuisances sonores de l'aéroport : "Il y a trois principes tout à fait fondamentaux à respecter qui sont la rationalité, l’objectivation et la transparence. En ce qui concerne le Plan Anciaux, aucun de ces trois critères n’a été respecté."
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Interview exclusive d’Olivier Maingain
Le Président du FDF nous livre son analyse de la situation historique et en devenir de l’aéroport de Bruxelles-National à Zaventem. Il veut contribuer à la réflexion en plaidant pour une suppression des activités aéroportuaires nocturnes, incompatibles avec les nécessités du grand centre urbain formé par Bruxelles et sa périphérie. Selon lui, la logique de la dispersion ne rencontre pas efficacement les besoins des habitants francophones et flamands qui sont victimes du Plan Anciaux. Elle lui apparaît plutôt être un outil pour créer de l’antagonisme dans les mains de ceux qui veulent nier la capacité de Bruxelles à assumer son destin par elle-même. Il attribue cette intention notamment à Bert Anciaux et dénonce la volonté de celui-ci d’utiliser la démagogie pour inciter aux pires conflits … jusqu’à vouloir organiser l’exode d’une classe moyenne qui habite à l’est de Bruxelles. Olivier Maingain témoigne pourtant d’une autre certitude : ce sont les vrais démocrates de Flandre qui un jour prochain trouveront les solutions aux problèmes créées par un nationalisme flamingant qui, en s’enlisant dans un rejet de l’autre sans plus le justifier, a perdu beaucoup de sa légitimité historique. Celui qui est aussi le Vice-Président du MR fait le reproche à l’ancienne direction de son parti de ne pas avoir respecté la déclaration gouvernementale en laissant le Plan Anciaux s’appliquer sans un vrai cadastre de bruit préalable. Il en appelle dès lors à corriger les erreurs du passé. Il fait au passage une charge contre le rôle de conseil de Belgocontrol, qu’il juge peu satisfaisant en matière de sécurité, en rappelant qu’il s’agit d’un organisme dépendant du Ministre de la Mobilité.
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Carte blanche à Didier Gosuin
L’autre homme fort du FDF, après avoir été Ministre de l’Environnement bruxellois lors de la précédente législature, exprime librement son point de vue au sujet de la gestion du dossier de l’aéroport de Zaventem. Depuis des années, il voit s’accumuler les erreurs de gouvernance. Il a voulu en faire la critique dans le cadre d’un raisonnement synthétique. L’actuel Bourgmestre d’Auderghem et Député bruxellois nous a autorisé à reproduire ce texte qui avait fait l’objet d’une première parution dans les colonnes du journal Le Soir au tout début du mois de janvier 2005.
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Interview exclusive de Renaat Landuyt
Le Ministre fédéral de la Mobilité a souhaité s'adresser aux lecteurs de Mille Décibels afin d'expliquer sa vision politique dans le cadre du dossier des nuisances sonores de l'aéroport de Zaventem. Ses propos permettront à chacun de se bâtir sa propre opinion quant aux motifs et aux méthodes du responsable de la mise en application du principe de dispersion. Notre revue ne manquera pas d'informer ses lecteurs sur les réactions politiques que cette interview pourra susciter.
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Interview exclusive de Didier Reynders
Le Vice-Premier Ministre et Président du MR a voulu poser les balises qui rendront possible un accord du gouvernement sur une redéfinition du plan de dispersion des nuisances de l'aéroport de Zaventem. Il rappelle que la prise en compte du critère de densité de population est prescrite dans la déclaration gouvernementale. Au sujet de l'avenir économique de l'aéroport, il envisage le risque de futurs rejets de projets importants aussi longtemps qu'un climat de confiance n'aura pas été restauré au sein de la population. Et il désigne le responsable: l'ancien Ministre de la Mobilité Bert Anciaux dont les "initiatives intempestives" ont nuit à la crédibilité de l'aéroport de Bruxelles-National. Mais avant tout, pour Didier Reynders, " le Ministre de la Mobilité du Gouvernement fédéral doit impérativement apporter les corrections nécessaires au plan Anciaux pour soulager les riverains situés sous la piste 02 ". Il considère que la décision du tribunal de première instance qui ordonne le retour aux anciennes normes d'utilisation de cette piste doit nécessairement être prise en considération. Pour le Vice-Premier, cette piste 02 qui concentre - par définition - les atterrissages sur une zone densément peuplée représente le noeud du problème. Et il ajoute que les autres pistes d'atterrissage n'imposent pas une contrainte similaire.
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Interview exclusive d'Evelyne Huytebroeck
La Ministre Ecolo de l'Environnement et de l'Energie de la Région bruxelloise, au moment où il est question de rédéfinir le Plan de dispersion, espère beaucoup pouvoir évoluer hors d'un contexte qui fut passionnel. Soucieuse de conduire ce dossier vers l'apaisement, elle prend tout simplement le parti de la rationnalité et attend des signes de bonnes volonté de la part du partenaire fédéral. Elle rappelle que le gouvernement fédéral est responsable de la mise en place du Plan de dispersion et qu'il serait normal qu'il procède immédiatement aux adaptations les plus urgentes, là où la souffrance de la population est manifeste, en attendant un vrai cadastre du bruit qui nécessite du temps. Pour faire prendre de la hauteur à la réflexion, elle explique que les normes de bruit fixées par la Région bruxelloise sont à comparer à celles pratiquées dans d'autres pays quand il s'agit du survol des grandes villes. Cet exercice qui permet de s'échapper d'une vision communautariste étroite rétablit une évidence: les normes bruxelloises apparaissent équivalentes, voire moins sévères, dans un cadre comparatif européen. Et partout ailleurs ces normes sont différentes lorsqu'il s'agit du survol de zones moins peuplées. Dans sa réflexion, le critère de densité de population occupe une position de pivot. Au nom de l'éthique, de la sécurité, de la raison, du droit.
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Carte blanche à Evelyne Huytebroeck
En complément de notre interview, nous publions son analyse sur la question de la relation entre l'environnement et l'emploi. Conciliation ou opposition ? La vision écologiste, nourrie de l'expérience apportée par la crise DHL, est ici le lieu d'une mise en perspective plus large.
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Interview exclusive de Benoit Cerexhe
Le Ministre de l'économie de la Région bruxelloise a joué un rôle clé au moment de la crise DHL, faisant preuve d'une fermeté qui a été déterminante dans l'évolution des négociations. Son attitude reste totalement inchangée, guidée par les même principes, à présent qu'il est question de négocier un accord politique qui pourrait conduire à une rédéfinition du Plan Anciaux. Pour avancer dans cette direction, il pose d'emblée un certain nombre de balises. Mais son analyse, qui est aussi celle du cdH, le laisse sceptique quant à la stratégie de dispersion des nuisances. Il reparle de concentration des vols sur des zones peu peuplées afin de rendre possible des mesures d'isolation ou d'expropriation. En tout état de cause, selon lui, il est évident que le cdH ne pourrait, le cas échéant, monter au fédéral sans remettre radicalement en cause le Plan Anciaux.
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